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"Des mots et des maux pour de magnifiques émaux"


Tout commence avec Joseph Boch, fondateur de la faïencerie éponyme à Audun-le-Tiche qui en 1798 acquiert l’ancien couvent des Carmes de Longwy. Idéalement situé à proximité d’une forêt et d’un cours d’eau, la faïencerie débute son activité de production en 1801. C’est à partir de 1804 (quelle année à vrai dire : le code civil, le sacre de l’Empereur ! ) que sa renommée va bénéficier d’un coup de pouce inattendu : Napoléon 1er passe commande d’un service de table pour la maison de La Légion d’Honneur dont la pièce maîtresse était une soupière dite de « la légion d’honneur ».




Après la chute du Ier Empire et l’occupation prussienne de Longwy, la faïencerie passe dans les mains d’Antoine de Nothomb, gendre de Joseph Boch, qui décide d’abandonner la gamme de faïence bon marché à pâte rouge pour centrer la production sur l’excellence en apportant une attention toute particulière à la qualité de la glaçure des pièces.


En 1835, commence l’ère de la famille D’Huart qui insufflera un exceptionnel dynamisme et encouragera l’innovation et la créativité pendant plus d’un siècle. C’est aussi à cette période de la révolution industrielle naissante, que l’industrie locale du charbon prend son envol. Cette conjoncture permet à la faïencerie d’innover techniquement et de produire des biscuits d’une blancheur soutenue.

En 1847, la faïencerie expérimente la cuisson à gaz perdu grâce à un four spécial (récupération des gaz des hauts fourneaux - solution écologique avant l’heure !!! ) et certaines pièces portent la mention « cuisson à gaz perdu ».

A cette période la mode est à l’anglaise et la manufacture s’attache les services de G. Vernon décorateur anglais qui met au cœur de la production des décors à motifs.

Les années 1860 sont marquées par l’intérêt nouveau du public pour la céramique d’ornement et de décoration. La mode est à présent à l’orientalisme et la concurrence des productions chinoises et japonaise (c’est l’ère Meiji au Japon qui se réveille après plus de deux siècles d’autarcie) est de plus en plus vive.

Les fils Huart reprennent le flambeau de leur père en 1866 et intègrent six ans plus tard la technique des émaux cloisonnés qui feront de Longwy une faïencerie au savoir faire unique.

La technique des émaux cloisonnés fut mise au point par Eugène Collinot mais c’est grâce à Amédée Carenza (maître verrier), ancien directeur des faïenceries de Mikado, que son développement a pris de l’ampleur au sein de la manufacture de Longwy. Il s’inspire des procédés de fabrication des émaux métalliques utilisés en Chine et au Japon et les transpose à la céramique.

Les fleurs et les oiseaux seront désormais des décors emblématiques des émaux de Longwy et plus particulièrement les fleurs de pommiers qui sont devenues le symbole des émaux de Longwy.


La faïencerie sera distinguée pour son savoir faire lors des expositions universelles de 1878 et de 1889 (celle de la Tour Eiffel !).

Parallèlement elle se lance dans la fabrication de barbotines et de majoliques.

L’entrée dans le XXeme siècle marque la fin d’une époque et l’entreprise se transforme en Société Anonyme. Elle fait le choix stratégique d’abandonner la faïencerie de luxe au profit de la faïence de table et des émaux.

Des collabs au travers de « séries spéciales » voient le jour avec de grandes enseignes : Le Printemps, Les Galeries Lafayette et Le Bon Marché.

Sous la direction artistique de Paul Chevalier la manufacture sera à nouveau distinguée lors de l’Exposition Coloniale de 1931 pour la réalisation de la sublime « boule jungle ».



Mais ces temps de succès seront balayés par la vague de la crise financière de 1929 qui mettra rapidement terme aux collaborations naissantes … Puis vint l’heure de la mobilisation générale malgré la promesse faite du « plus jamais ça » …

Dès la fin des années 40 l’entreprise est contrainte à la vente d’une partie de son patrimoine immobilier pour faire face à d’importantes difficultés financières, elle fait aussi le choix d’abandonner la production de la vaisselle de table.


En 1975, la ville de Longwy achète le musée de la faïencerie pour conserver l’admirable patrimoine d’art de la manufacture menacée par la faillite.. L’entreprise sera liquidée en 1977.

Aujourd’hui ce sont 6 faïenceries locales qui perpétuent ce savoir faire unique inscrit au patrimoine culturel immatériel de la France.


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